Je m’appelle Perpétue YAGANINDA, j’ai 73 ans ; je suis une veuve habitante à la commune de Mutaho, colline  de Nyangungu. Telle est mon histoire:

Avant la mort de mon cher époux, je travaillais dans les champs pour pouvoir gagner ma vie, par après ma santé est devenue très critique. A la fin de la journée, je me sentais terriblement fatiguer physiquement. J’avais beau me reposer ; Cela ne changeait rien, je ressentais toujours cette fatigue intérieurement. Quand je concevais, le jour de mettre au monde un enfant, c’est là que la situation s’aggravait davantage ; les médecins me disaient que mon col de l’utérus avait tendance à sortir.

Après l’accouchement de mon dernier enfant (j’ai 10 enfants), un jour je le portais sur le dos, j’ai senti comme si quelque chose allait sortir de moi ‘’de mon organe génital’’.  Depuis ce jour, je me suis privée de faire des travaux qui nécessitaient autant de forces. Malheureusement en 2016, étant au cours de la route, mon organe génital s’est ouvert et le col de l’utérus est sorti de moi. En décembre 2018, les relais communautaires de l’UCEDD ont fait une visite dans notre village, on avait déjà entendu des informations sur ce qu’ils faisaient pour aider des personnes en difficultés (exclues, marginalisées, malades…) et je me suis approchée d’eux pour leur expliquer mon problème de maladie ; comme c’était honteux, ça n’a pas été facile d’en parler mais voir à quel point je souffrais, j’ai pris du courage de le dire ouvertement; les relais m’ont écoutés attentivement et ils sont partis en me disant qu’ils vont discuter cela avec leur Chef Animateur. Après quelques semaines, j’ai eu la bonne nouvelle qu’ils vont me faire soigner  et me transporter à l’hôpital de Gitega

Perpétue à l’hopital de Gitega sous les soins

Après avoir bénéficié des soins je suis guérie, mon corps est devenu plus souple et chaque jour, je fais la propreté corporelle plus qu’avant. Cette guérison m’est si importante du fait que cette maladie me faisait une personne discriminée et exclue (j’avais honte et peur de m’asseoir dans la communauté) ; ensuite j’avais de stress et détresse, maintenant je suis intègre (je n’ai aucune crainte d’aller n’importe où  et m’asseoir avec les autres) et j’en suis très fière.

Comme je suis plus âgée,  j’ai un projet de chercher un ouvrier  pour m’aider  à cultiver dans les champs mais comme ça demande beaucoup de moyens cela reste toujours un défi.

Rédigé par Régis NAHIMANA
                                                                                                                     Chargé de la communication
                                                                                                                   UCEDD-Gitega/BURUNDI.